C'est mon choix

Publié le par Poe Iti

 

J'ai décidé d'accoucher sans péridurale.

"Quoi? Mais t'es folle, faut vivre avec son temps."
"Tu verras, avec la douleur, tu changeras d'avis..."

Voilà en gros les réactions provoquées par cette annonce.

Heureusement, j'ai quand même eu le droit à quelques réactions positives.


Mon koala d'abord, qui approuve tout à fait mon choix, car il n'est pas fan des médicaments et des effets secondaires qu'ils peuvent provoquer, et puis parce qu'il souhaite éviter d'injecter de la morphine entre autres choses à notre fille (indirectement bien sur, mais quand même).  Mais surtout avant tout, il respecte mon choix. J'aurais fait le choix inverse, il m'aurait soutenu également :)

Ce qui m'a vraiment fait plaisir, c'est que ma maman était entièrement d'accord avec moi. Je crois que cela aurait été difficile si je n'avais pas eu le soutien de ma mère, ou si elle n'avait pas compris mes motivations.

L'envie d'accoucher sans péridurale m'est venue à la suite d'un documentaire sur l'évolution de l'accouchement au fil des années.
Cacahouète n'était pas encore conçue, et je savais déjà ce que je voulais ^^


Pour faire court, le documentaire expliquait que depuis toujours et jusqu'aux années 50, les femmes accouchaient dans la souffrance, et surtout subissaient cette souffrance. L'accouchement était une affaire de femmes.


Puis dans les années 50 (me souvient plus de la date précise ), un médecin ramena de Russie une méthode qui révolutionna tout cela : l'accouchement sans souffrance. Toujours dans la douleur, qui est une aide physique à l'accouchement (contractions, besoin de poussée...) mais plus dans la souffrance, qui elle est psychologique et par conséquent peut se contrôler.
C'est ce qui s'appelle maintenant les cours de préparation à laccouchement.

À l'époque cela reposait sur le principe que si la femme connaissait le mécanisme de l'accouchement, elle n'en aurait plus peur et parviendrait à gérer la douleur.
C'est ce qui a permis à nos mères d'accoucher sans (trop) de souffrance en comparaison à avant.


Dans les années 80, la péridurale a été inventée, et cela a conduit à une surmédicalisation de l'accouchement, qui se fait aujourd'hui principalement parmi des hommes (les médecins).
Je ne suis pas du tout féministe, mais il y a comme une impression que cet acte naturel a été en quelque sorte transformé en acte purement médical.


Le documentaire concluait sur des témoignages de mères qui ont eu l'impression qu'on leur avait volé leur accouchement, en leur imposant une péridurale, un déclenchement, ou une position particulière pour accoucher.
Sans aller jusqu'à accoucher à la maison sans aucune surveillance médicale (les complications et les risques sont réels), je souhaite vivre mon accouchement comme je le souhaite et ne pas me le voir imposer au nom de je ne sais quelle évolution de la médecine. Chaque femme peut disposer de son corps comme elle l'entend.

Depuis ce documentaire, Cacahouète est arrivée dans notre vie, et je me suis donc documentée plus amplement.


La péridurale n'est pas sans risques, il s'agit quand même d'un dérivé de morphine qu'on nous injecte dans la colonne vertébrale. Les risques de paralysie ou de mort sont faibles, certes, mais ils existent. Comme dans le cadre d'un accouchement on va me dire (je sais bien que des femmes meurent encore en France aujourd'hui en donnant la vie), mais pourquoi rajouter des risques?


Mais surtout, j'ai appris que la césarienne, l'épisiotomie ou l'usage des forceps sont beaucoup plus courant dans le cadre d'une péridurale.
Et que l'allaitement après péridurale est en général moins réussi car le bébé ayant reçu une légère dose de morphine, il n'a donc pas forcément le réflexe de téter, et l'allaitement ne peut se faire.


C'est sur que le confort de la péridurale (quasiment pas de douleurs, rassurement du fait de pouvoir être pris en charge de suite si épisiotomie...) est un sacré argument, mais je trouve qu'on ne nous informe pas assez sur les effets secondaires ou risques de cette pratique.

C'est aussi beaucoup plus facile pour le personnel médical de gérer une femme sous péridurale qu'une femme accouchant normalement.

 

Bref, en gros, je pense que cette anesthésie qui n'est pas sans risques (comme toute anesthésie) est rentrée dans les moeurs au point que la refuser nous fait passer pour folles aux yeux de la société, et de plus risquer de se confronter à un milieu médical qui n'est plus adapté à ce moyen d'accoucher.

 

Désolée pour cette longue explication, mais voila en gros mon point de vue sur la péridurale et pourquoi je souhaite m'en passer.

Et puis des milliards de femmes ont accouché naturellement avant, et le font encore, je ne vois pas ce qui est plus difficile pour moi pour ne pas le faire également.

 

Bien entendu, je ne ferme pas la porte à une éventuelle péridurale, je ne peux pas être sûre à 100% de pouvoir supporter la douleur sur la durée, surtout si cela traine en longueur ^^

 

Mais j'espère vraiment ne pas craquer, et pouvoir mettre au monde ma fille comme je l'ai souhaité.

Publicité

Publié dans Evènements

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Tant que tu vois quand même l'anesthésiste et que tu n'y fermes pas définitivement pas la porte, pas de souci ;)<br /> J'espère que tu profiteras au maximum de cette expérience !
Répondre
P
<br /> <br /> Bien sur, je vais rencontrer l'anesthésiste pour le cas où je changerai d'avis au dernier moment.<br /> <br /> <br /> Merci <br /> <br /> <br /> <br />