Cas de conscience
Quand on s'embarque dans cette aventure, on n'aborde pas toutes les questions, tous les sujets auxquels on pourrait (ou non) être confronté.
Un cas de conscience très délicat s'est rappelé à nous il y a une semaine.
Rappel du contexte :
Echo au 9ème jour pour dater l'IAC, la question est arrivée avant de savoir que ce cycle ne servirait à rien.
Au moment de l'échographie, le médecin observe l'ovaire droit, qui "abrite" 4 follicules matures !!
Soit 4 ovules, donc une possibilité de 4 embryons.
Arrive donc LA question : avez-vous pensé à la réduction embryonnaire?
Bon, je savais ce que c'était, mais j'avoue qu'avec mon Koala, nous n'avions jamais abordé le sujet. Nous n'arrivons déjà pas à faire un embryon, alors plus de 2 !!
J'avoue au médecin qu'on n'a pas d'idées arrêtées la-dessus, nous devons donc y réfléchir et donner notre réponse dans l'après midi. En effet, si cela n'est pas envisageable, on arrête tout, sinon on continue. Bon, la nature a décicé pour nous
En attendant, il est 10h10, me voila sorti de chez le médecin, avec pleins de questions en tête.
Chacun à son avis la dessus, mais pour moi c'est loin d'être un geste anodin : ai-je envie de continuer à n'importe quel prix? faut-il arrêter pour ce cycle là alors que cela multiplie par 4 les chances? est-il possible de vivre une grossesse sereine sachant qu'on a du "détruire" un ou plusieurs embryons?
Et surtout le constat général :
Pourquoi faut-il encore plus compliquer un parcours déjà riche en émotions?
Bref, j'étais consciente que nous aurions donc plus de chances qu'un embryon s'implante, je me disais que le choc de la réduction embryonnaire serait moins dur qu'un constat de stérilité.
D'un autre côté, comment gérer la destruction volontaire d'un embryon? Moi qui n'ai jamais imaginé avorter en cas "d'incident", et qui ai envie d'être maman depuis que j'ai 20 ans.
Et puis est venu la question du physique.
Il m'est inimaginable de voir mon corps déformé à l'extrême dans le seul but de donner la vie.
Oui, je veux être enceinte, oui j'assumerais les changements de mon corps, oui je souhaiterais avoir éventuellement des jumeaux. Non, je ne veux repousser les limites de mon corps en vivant une grossesse hors normes, surtout si ça doit mettre en danger ma santé. Je veux pouvoir rester féminine après la grossesse.
Mon Koala a été parfait.
Sa première réaction a été de dire que justement c'était une chance, et qu'il fallait essayer.
Avec le recul, il a fait quelques recherches et je pense qu'il s'est aperçu de la difficulté psychologique à gérer l'après pour les femmes ayant eu recours à la réduction embryonnaire. Il m'a envoyé les liens de sites expliquant cet acte, et des témoignages positifs et négatifs.
Il m'a surtout dit cette phrase qui m'a marqué : "c'est ton choix, et quoique tu décides, je te soutiendrais".
Ca m'a vraiment bouleversé car il me montrait qu'il respectait mon corps en tant que femme, et que quelque soit ma décision, qu'elle soit la même que la sienne ou non, il serait avec moi.
Nous avions donc décidés de continuer avec ce risque (ou cette chance) d'avoir 4 embryons d'un coup et d'en réduire le nombre.
Cette décision a été inutile à ce moment, mais cela nous a permis d'y réfléchir et on saura quoi faire si le cas se présente réellement.
Nous avons franchi une nouvelle étape dans notre parcours.