Le jour qui a changé notre vie

Publié le par Poe Iti


30 janvier, 21h30 :

Après avoir diné d'une soupe (je n'avais pas faim et étais un peu nauséeuse), je me lève pour aller chercher un dessert et là, je sens couler quelque chose, comme une grosse perte...

Après vérification, il s'avère que je suis en train de perdre les eaux.
- "Je perds les eaux, là..."
- " Ouais, c'est ca..."
- " Non, non, je te promets, je perds les eaux"
Ton papa se lève d'un bond du canapé et demande à vérifier car il ne me croit pas.
Je pousse un peu histoire de lui montrer, c'est marrant, il me croit maintenant ^^

Cela ne m'étonne qu'à moitié de perdre les eaux ce soir, étant donné que cet après-midi tu t'en es donné à coeur joie pour taper sur mon col. J'ai cru que tu allais sortir tellement je te sentais taper en bas.

Je suis un peu déçue de perdre les eaux de suite, car j'aurai aimé pouvoir gérer les contractions le plus possible à la maison. Mais bon, on ne décide pas ^^

Direction les toilettes pour vider tout ca, car ça coule assez lentement.

Pendant ce temps, Papa court à droite à gauche pour rassembler les dernières affaires, prendre les valises, mettre ses chaussures... alors que je suis toujours sur les toilettes.
Pas de panique, on est à 5 min de la maternité !!

Bien obligé d'attendre que je sorte des toilettes, il s'est donc calmé, et à 22h00, nous voila parti direction les urgences maternité.
Malgré le nombre de personnes qui attendent, une sage-femme nous reçoit assez rapidement.

Allez hop, je m'installe sur la table d'examen, et aucun doute possible pour la sage-femme, je perds bien les eaux, j'ai trempé le sol.
Petite vérification de l'ouverture du col, je suis dilatée à 2.
Je suis contente car lorsque nous étions venu quelques jours avant (suspicion de rupture de la poche des eaux), j'étais dilatée à 1.

On change donc de salle et on nous installe dans une chambre de pré-naissance, qui permet de surveiller l'évolution du travail avant de passer en salle de naissance pour l'accouchement.

Cerise sur le gateau, il s'agit d'une chambre individuelle, ce qui nous permet de discuter tranquillement, d'étaler toutes nos affaires, bref, d'être tranquille.
Et heureusement qu'on est seuls, car la nuit est loin d'etre finie...

Le temps de me faire la perfusion et de me mettre sous monitoring pour surveiller ton petit coeur, et nous voila seuls, tous les trois.
Il est 22h40.

Je commence à prendre mon traitement homéopathique, censé accéler le travail. Mouais...

3/4h de monitoring plus tard, les contractions sont de plus en plus fortes et toujours régulières.

23h25 : enfin libérée du monitoring, on va pouvoir aller marcher un peu.

Nous voila donc à déambuler dans les couloirs de l'hôpital, et heureusement que c'est la nuit et qu'il n'y a quasiment personne car je suis en blouse d'hopital sans rien en dessous à part un pantalon...
On croise quand même une connaissance de ton papa, pas top la rencontre alors que je ne ressemble à rien :)

 

J'ai faim, mais je n'ai pas le droit de manger, dans le cas où j'aurais besoin d'une anesthésie. Papa ne se prive pas de boire un chocolat chaud devant moi. Il mange une barre de céréales, mais plus parce que je le force que par envie. Il faut bien qu'il tienne le coup, on a le pressentiment que l'aventure est loin d'être finie...

 

00h40 : retour dans la chambre, pour être à nouveau sous monitoring pendant 1h.

Les contractions sont plus fortes et plus longues, mais malheureusement plus espacées, toutes les 10 min environ.

La sage-femme trouve que je gère bien les contractions, c'est vrai qu'elles sont plus intenses, mais je trouve que c'est assez supportable.

Elle m'ammène un ballon pour que je puisse trouver une position me permettant de mieux supporter tout cela.

Après en avoir essayé plusieurs, j'abandonne le ballon, je n'arrive pas à trouver une position confortable.

Je me mets donc à faire les cent pas dans la chambre.

Pendant ce temps, Papa dort...

Merci pour le soutien !! En fait, je préfère qu'il se repose maintenant, pour être opérationnel une fois que les choses sérieuses commenceront.

 

Comme je souhaite accoucher sans péridurale, la sage-femme qui s'occupe de nous me laisse assez libre, et évite de multiplier les contrôles du col.

 

04h35 : comme il faut bien suivre de temps en temps l'évolution du travail, elle m'examine et c'est la désillusion : mon col n'a pas bougé...

Elle nous propose alors de procéder à un décollement de placenta pour accéler le travail.

Moi qui souhaitais un accouchement assez naturel, je suis servie :(

Après réflexion, j'accepte.

Je crois qu'à ce moment là, j'aurais même accepté la péridurale avec déclenchement tellement j'avais envie de te voir en vrai.

 

Je passe les détails du décollement, je retiendrais juste que j'ai pas mal souffert, à tel point que j'ai broyé le bras de la pauvre sage-femme.

 

04h40 : monitoring à nouveau, pendant une petite heure.

05h30 : fin du monitoring, rien de nouveau. On retourne donc marcher. Je crois que l'on connait par coeur les couloirs de l'hôpital maintenant.

 

07h40 : et s'est reparti pour le monitoring, pour 1h normalement.

On a changé de sage-femme, un peu surpris au début par la nouvelle qui est très énergique, tout le contraire de sa collègue.

Nouvelle désillusion : les contractions sont de plus en plus espacées, j'en ai une toutes les 20min environ. Je comprend mieux pourquoi j'arrive à dormir entre deux.

Mon col est toujours à 2, et nous apprenons que tu supportes moyennement les contractions. Ton coeur bat moins fort à chaque contraction, et repart après.

Du coup, je reste sous monitoring plus longtemps que prévu, soit jusqu'à 09h45.

 

10h30 : le temps maximum sans antibiotique depuis la rupture de la poche des eaux est terminé, j'ai donc droit à la perfusion pour t'éviter toute infection.

La sage-femme commence à évoquer les différentes possibilités si rien de change : déclenchement avec péridurale, et éventuellement césarienne si tu ne supporte toujours pas les contractions.

C'est tout ce que je ne voulais pas...

On espère donc que la nature va faire son travail et que tu arriveras parmi nous le plus vite et naturellement possible.

 

13h00 : le verdict est tombé.

Mon col ne bougeant pas du tout, le déclenchement est donc décidé, et réalisé.

La sage-femme m'injecte le produit qui provoquera les contractions, en attendant l'anesthésiste qui est occupé ailleurs.

 

13h30 : pose de la péridurale.

Ce n'est pas aussi impressionnant que ce que l'on pourrait penser.

Quelques petites piqures pour anesthésier localement la zone qui va être piquée, la sage-femme qui se colle devant moi pour bien me tenir au cas où je bouge et puis l'anesthésite qui insère la grosse aiguille dans ma colonne vertébrale.

C'est assez bizarre comme sensation, on ressent l'appui, mais aucune douleur. Heureusement :)

En plus, j'ai eu une contraction juste avant la pose de la péridurale.

C'est dans ce cas que la sophrologie pratiquée avant m'a bien servie. Je pense avoir mieux géré la douleur grâce à ça.

 

Ton papa, qui avait du sortir de la chambre à ce moment, reviens s'installer dans son fauteuil.

Et l'attente recommence. A la différence que maintenant je ne ressent plus la douleur, je me sens forcément mieux et on peut discuter de tout et rien.

 

Grâce au monitoring, on peut controler les contractions et on voit bien qu'elles sont très fréquentes et très fortes. Preuve que le déclenchement a marché. Heureusement que la péridurale a bien fonctionné aussi, sinon je pense que je n'aurais pas pu supporter la douleur.

 

15h00 : contrôle du col. Toujours dilaté à 2.

 

16h00 : col dilaté à 2,5. Avec des contractions toutes les 2-3 min, on s'attendait à mieux...

 

17h00 : col dilaté à 3.

 

Pendant tout ce temps, grâce au monitoring, nous pouvons te surveiller. Tu nous fais quelques frayeurs, car tu ne supportes pas mieux les contractions, certaines fois nous ne voyons même plus ton rythme cardiaque.

Par hasard (ou pas, je ne me souviens plus), nous nous aperçevons que je peux t'aider dans ces moments là avec ma respiration.

En effet, en inspirant et expirant à fond, comme je le fais pour gérer la douleur, ton coeur supporte mieux les contractions, nous voyons ton rythme cardiaque diminuer beaucoup moins.

Papa contrôle donc le monitoring et m'avertit de l'arrivée d'une contraction, et moi je respire à fond. Un vrai travail d'équipe, qui nous permet d'être un peu plus sereins.

 

18h00 : col toujours dilaté à 3.

Le médecin prend donc la décision de te faire naitre par césarienne.

En attendant de partir au bloc opératoire, où ton père ne sera pas admis, j'essaye de le rassurer, car il a vraiment peur de nous laisser partir.

Cela fait tellement longtemps que nous sommes ici que j'accepterais n'importe quoi pour te rencontrer enfin.

 

19h00 : injection de l'anesthésiant.

Ca y est, je ne sens plus tout le bas de mon corps.

Un dernier bisou à ton papa, et nous voila parti pour le bloc.

On m'installe derrière un grand drap bleu, et ta naissance commence.

 

19h36 : je t'entends pleurer, ça y est tu es là, je suis maman.

Je ne réalise pas encore, trop de stress du à ta naissance si particulière pour nous.

"On va vous montrer votre fille Mme, ne vous inquietez pas elle est pleine de sang, mais c'est le votre"

Première rencontre en vrai, mais beaucoup trop courte. Un petit bisou, et te voila partie pour rencontrer ton papa.

 

Les prochaines 45 min sont assez longues, je vomis à cause de l'anesthésiant, j'entends les médecins s'affairer dans mon ventre pour retirer le placenta, je verse ma petite larme pour notre rencontre trop furtive et pour la pression des 22h que nous venons de passer.

 

20h30 : je ressors du bloc, on m'arrête 2 min devant ton papa qui est très stressé, je le vois.

Je crois me souvenir qu'il me demande si tout va bien, me dis que tu es trop belle.

Je suis un peu dans les vapes, j'essaie de le rassurer, mais je suis trop fatiguée pour réagir.

On m'emmène ensuite en salle de réveil, le temps que l'anesthésie ne fasse plus effet.

 

Ton papa m'a raconté qu'à peine née, on t'a emmenée le voir, et les sages-femmes ont voulu te mettre dans ses bras. Partagé entre l'angoisse de me savoir toujours au bloc et la joie de te connaitre, il n'a pas osé te prendre.

Ce sont donc les sages-femmes qui se sont occupées de toi, sous la surveillance de Papa.

Tu es restée ensuite quelques temps dans ses bras, et apparemment tu es passée de bras en bras où tout le monde t'a trouvé "belle comme tout".

Tu étais toute mignonne, et ne pleurais même pas.

L'attente de mon retour a été très longue pour ton papa, puisque je suis restée en salle de réveil environ 5h.

Je n'ai pas vraiment vu le temps passé, j'ai beaucoup dormi.

 

Nous avons enfin été réunis tous les trois vers 01h du matin, quand je suis arrivée dans la chambre.

Papa et moi avons discuté un peu, le pauvre était tellement fatigué qu'il n'a pas trop trainé pour rentrer à la maison.

 

Nous sommes restées toutes les deux en tête à tête.

 

Tu étais enfin à côté de moi et notre nouvelle vie commencait...

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Publié dans Evènements

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